La SCI Trémargat installe des agriculteurs : témoignage au Mené (22)

Depuis sa création en 2013, la SCI de Trémargat (22) a permis de pérenniser l’activité de quatre agriculteurs bios sur ce territoire où l’esprit innovant et la solidarité sont les moteurs du renouveau de la commune

François Clément, l’un des trois gérants de la SCI (140 membres) et deux des agriculteurs locataires sont venus témoigner dans la cadre d’un cycle de conférences thématiques sur la transition énergétique organisé par la commune nouvelle du Mené. « Le but est d'aider des jeunes qui n'ont pas les moyens de s'installer, car c'est devenu très difficile de trouver des terres », explique François Clément, jeune retraité de l'agriculture. Un objectif totalement soutenu par l’équipe municipale qui s’était engagée en 2008 à soutenir l’activité agricole en tant que pilier de la vie sociale.

 

tl_files/contenu/images/Communes/Le Mene/Le Mene-reunion SCIC Tremargat_interv..JPG« Nous avons choisi cette forme juridique plutôt qu'un groupement foncier agricole (GFA), car elle permet de monter plusieurs opérations et de l'élargir, par exemple, à l'achat de locaux pour un artisan. » précise François Clément. La SCI s’est constituée en 2014 pour se porter acquéreuse de 21,15 hectares pour un coût de 65 200 € afin de les louer à un couple de producteurs de lait et de moutons. Le financement s’est fait via des parts achetées par les particuliers (35 000 €), un emprunt remboursé par les loyers (20 000 €) et un prêt familial des agriculteurs.

Forts de cette réussite, la SCI s’est positionnée en 2016 sur 11 hectares convoités par des agriculteurs conventionnels. Le projet étant de les répartir entre un paysan boulanger pour conforter son activité (7 hectares) et de permettre l’installation en maraîchage d’un jeune couple venu s'installer à Trémargat dans l’espoir de monter leur projet. Cette initiative a fait écho auprès d’un groupe de consommateurs du quartier de Robien à Saint-Brieuc sensibilisés aux démarches de circuits courts en bio. Une soirée d’échanges entre eux s’est soldée par la récolte d’un quart des 40 000 € nécessaires et, au final, il aura assez facilement autofinancé à 100%. Le projet a également convaincu la SAFER qui a préempté et acheté les 11 hectares puis les a revendues à la SCI.

 

« Si des citadins nous rejoignent dans cette démarche, c’est qu’ils ont compris que pour avoir des produits de qualité, il faut aussi une campagne de qualité, des paysans qui vivent de leur travail, et des habitants pour animer la commune. » concluent ceux qui représentent trois générations d’agriculteurs, tous impliqués dans le bar et l’épicerie associative et les différents chantiers solidaires proposés par la municipalité. Pour autant, ils refusent l’idée de « modèle trémargatais ». Ce qui se fait là-bas est juste à l’image des gens de la commune et des valeurs qu’ils partagent : simplicité, solidarité, travail, sens de l’accueil et du bien vivre ensemble.

 

 

6 novembre 2017

 

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